La longue histoire du chemin piétonnier au bord du lac Léman à La Tour-de-Peilz
De 2010 à 2016 : de la volonté populaire à la démonstration de faisabilité
En 2004, une pétition signée par 2’300 Boélands demande l’ouverture des rives du lac aux piétons, mais la Municipalité n’y donne pas suite.
En 2007, deux conseillers communaux déposent un postulat visant à créer un chemin pédestre en bordure du lac, finalement refusé par le Conseil communal.
En 2008, des conseillers communaux et des habitants lancent une initiative populaire communale pour un sentier piétonnier entre la Pointe de la Becque et la plage de la Maladaire. Ils fondent également l’Association des Rives du Lac afin de défendre ce projet.
L’initiative aboutit et contraint la Municipalité à organiser une votation populaire. Le 28 novembre 2010, 55 % des Boélands votent en faveur de l'initiative.
En 2012, la Municipalité — bien que peu favorable — soumet un préavis de crédit d’étude. Elle y évoque d’importants coûts d’expropriation, alors même que le tracé n’est pas encore défini. Le Conseil communal rejette ce préavis. À la suite de ce vote, l’Association des Rives du Lac dépose un recours auprès du Conseil d’État.
Le Conseil d’État enjoint alors la Municipalité d’« agir sans désemparer ». Notre association contacte donc le Canton et rencontre la Commission cantonale des rives du lac, qui rappelle que la Commune doit être l’initiatrice du projet.
Face à l’inaction municipale, notre association décide d’engager, à ses frais, un urbaniste chargé d’esquisser un tracé et d’en estimer les coûts.
En 2015, l’association organise une conférence publique destinée aux Boélands ainsi qu’une conférence de presse. Une esquisse du parcours est présentée et une vidéo illustre le projet. À l’issue de la conférence, le futur syndic Alain Grangier déclare publiquement que le projet est réalisable.
En 2016, notre association conteste la fermeture d’un portail à la plage de la Maladaire. Avec l’appui de notre avocat, Me Trivelli, deux recours sont déposés auprès de la Cour de droit administratif et public (CDAP). Le recours est jugé irrecevable.
De 2016 à mars 2023 : les aléas du premier projet de chemin piétonnier
Dès son entrée en fonction en 2016, le syndic Alain Grangier sollicite un crédit d’étude pour la réalisation du sentier entre la Pointe de la Becque et la Maladaire, qui est validé par le Conseil communal.
Un bureau d’ingénieurs ayant déjà réalisé un itinéraire similaire à Saint‑Prex est mandaté pour définir un tracé soumis ensuite au Canton pour examen préalable. De nombreux services cantonaux l’analysent sous les angles juridique, administratif et technique. Durant cette période, notre association intervient régulièrement auprès de la Municipalité pour éviter que le dossier ne s’enlise.
En 2021, la Municipalité décide de se concentrer uniquement sur le secteur Ouest (entre la Pointe de la Becque et le DP 1045, à hauteur de l’arrêt de bus du Portail Blanc), soit environ un tiers du tracé total. Alain Grangier justifie l’abandon de la partie Est par les positions contradictoires des services cantonaux.
L’acceptation du tracé Ouest par le Canton dure trois longues années. Pour résoudre le dernier point de litige, Me Trivelli rencontre les services cantonaux et la Conseillère d’État Jacqueline de Quattro. Après un ultime complément d’enquête, la Commune peut enfin mettre le projet à l’enquête publique. Des propriétaires déposent alors un recours auprès de la CDAP.
Ce n'est que le e 14 mars 2023 que la CDAP rend un arrêt annulant les décisions du Canton pour vices de forme et lui demande de statuer à nouveau avant la poursuite du projet.
Dès 2023 : deuxième projet — le tronçon Ouest du chemin piétonnier
En 2023, suite à l’arrêt de la CDAP, le Canton et la Commune — sous l’égide de la Municipale Elise Kaiser, prennent de nouvelles décisions concernant le tronçon Ouest. Un projet de renaturation des berges est intégré afin de préserver la biodiversité et de végétaliser les rives.
En novembre 2025, le Canton donne son feu vert pour déposer simultanément le projet de chemin et celui de renaturation. Dix-huit oppositions sont alors adressées à la Commune.
L'historique en détail
Début mars 2026
Des rencontres avec les opposants sont programmées et des séances de conciliation sont prévus.
Fin janvier 2026
18 oppositions au projet sont parvenues à la Commune.
25 novembre 2025
Mise à l'enquête par la commune du projet de tracé et de renaturation du tronçon Ouest
Novembre 2025
Le Canton renvoie le projet de tracé et de renaturation du tronçon Ouest du chemin riverain à la Commune.
Décembre 2024
Les résultats de l'étude de renaturation sont transmis au canton pour examen préalable.
Septembre 2024
L'étude de renaturation des rives du lac est terminée.
Sept. 2023
Les décisions prises par le canton suite à l’arrêt de la CDAP du 14 mars 2023 sont les suivantes :
- Renaturation des berges du lac
- Eventuelles modifications du tracé définitif du tronçon Ouest dans le but de se mettre en conformité avec les lois écologiques
- Nouvelle mise à l’enquête
Un mandat d'étude est confié à des entreprises ayant de l'expérience en renaturation des berges de lacs.
9 mai 2023
Refus massif par le Grand Conseil vaudois de l’initiative demandant l’introduction d’un article constitutionnel en faveur d’un accès facilité au lac, ceci au nom du droit privé et de la protection de la biodiversité.
14 mars 2023
En réponse aux différents recours des propriétaires, la cour de droit administratif et public (CDAP) a rendu nulles certaines des décisions prises d'une part par le canton et d'autre part par la commune. De ce fait, la procédure de levée des oppositions adressée aux propriétaires est invalidée et le canton est sommé de prendre de nouvelles décisions pour valider la levée des oppositions. Ce n'est qu'une fois cette étape franchie que les propriétaires pourront à nouveau déposer leurs recours auprès de la CDAP qui tranchera cette fois non plus sur la forme de la procédure, mais sur le fond.
28 septembre 2022
Au Grand Conseil vaudois, le Vert Vassilis Venizelos et consorts dépose une initiative demandant l’introduction d’un nouvel article constitutionnel pour faciliter l’accès au lac.
21 février 2022
Levée des oppositions par le Canton de Vaud
8 décembre 2021
Le conseil communal a voté en faveur du tracé piétonnier du tronçon Ouest (entre la pointe de la Becque et le chemin DP 1045 allant du bord du lac à l'arrêt du bus du Portail Blanc) tel qu'il a été accepté lors de la mise à l'enquête de celui-ci.
24 mars 2021
Un crédit de 120'000 CHF est accepté par le Conseil communal afin de lever les oppositions.
Janvier 2020
22 oppositions contre la première partie du tracé
Décembre 2019
Mise à l’enquête du cheminement piétonnier des rives du Lac - secteur Ouest (Pointe de la Becque – ch. du Portail Blanc). Organisation par Alain Grangier, syndic, de trois rencontres pour informer la presse et le public venus nombreux: présentation du tracé et réponse aux questions par l'ingénieur de Sollertia.
22 mars 2017
Le Conseil communal de La Tour-de-Peilz vote un crédit d’étude d’un tracé de chemin entre la pointe de la Becque et la plage de la Maladaire.
Décembre 2016
La Municipalité de La Tour-de-Peilz, avec son nouveau syndic, Alain Grangier, sollicite un crédit d’étude de 217 000 francs pour la réalisation du projet sur les 2 kilomètres de rives du lac entre la Becque et la Maladaire.
Septembre 2015
Un film démontre la faisabilité du projet avec des aménagements mineures et à un coût raisonnable. Plusieurs journaux (24heures, 20 minutes, La Liberté, ...) et le 19h30 de la RTS ainsi que l'Actu de "La Télé" reprennent le thème et s'indignent de la lenteur des autorités.
Mars 2014
Un plan prévoyant une mise à l'enquête d'ici 2022 (!) est présenté par la Municipalité au Conseil communal. Deux conseillers communaux de La Tour-de-Peilz, se révoltent publiquement. (lisez les interventions de Gilbert Vernez / Jacques Vallotton et les articles de presse dans "Le Régional"/ "24 heures")
Octobre 2014
L'Association des Rives du Lac a contacté la Commission Cantonale des Rives du Lac, car il n'y a pas encore de projet concret de la part de la Municipalité.
Septembre 2013
Statuant sur le recours de l'ARL suite au refus de crédit d'étude pour réaliser le chemin riverain du lac, le Conseil d'Etat enjoint la Municipalité à agir pour la réalisation d'un chemin au bord du lac sans désemparer.
2013
La Municipalité a donné son feu vert à un projet de ponton défavorisant la réalisation du chemin.
Octobre 2012
Le préavis –crédit d'étude 8/2012 demandant un crédit d’étude pour la réalisation d’un cheminement piétonnier aux rives du lac de la Becque à la plage de la Maladaire est refusé par le Conseil Communal. A la suite de ce vote, l'Association des Rives du Lac dépose un recours au Conseil d'Etat contre cette décision.
Février 2012
Le jugement du Tribunal Cantonal (La Tourangelle Gland) confirme la légalité d'un cheminement au bord du lac. Sur la base d'un cahier des charges , nomination du bureau EDMS SA de Genève, chargé d'étudier le tracé.
Janvier 2012
L'association prend connaissance d'un planning d'intention.
Janvier 2011
La Municipalité reçoit une délégation de l'association des rives du lac. Déception des membres de l'association par rapport aux intentions de la Municipalité.
28 novembre 2010
Votation populaire pour un accès aux rives du lac, avec une participation de 60%.
2450 personnes, soit 55 % des votants, acceptent l'initiative.
Electeurs inscrits
Suisses 6425
Etrangers 1269
TOTAL 7694
Bulletins rentrés 4558
Bulletins Blancs 83
Bulletins Nuls 5
Bulletins valables 4470
Non exprimés 2020
Oui exprimés 2450
Septembre/octobre 2010
Campagne précédant la votation, avec la diffusion de dépliants et des affichages de la part des partisans et des opposants au cheminement riverain. Notre Tout-ménage 2010
Juillet 2010
Un comité d'initiative se crée pour lancer une initiative populaire demandant l'accès public aux rives du lac:
Gilbert Vernez, conseiller communal, président du comité d'initiative
Nicole Freers Signer, conseillère communale,
Félicie Girardin, conseillère communale,
Marianne Keller, conseillère communale,
Christiane Rithener, députée, conseillère communale,
Nicole Rivet, conseillère communale
Aldo Andreotti, ancien Président du Conseil communal,
Olivier Ansermet, ancien directeur des écoles,
Pierre-Philippe Dorier, commerçant indépendant,
Olivier Epars, député,
André Gruaz, maître d’éducation physique,
Félix Keller, conseiller communal,
Frédéric Glauser, conseiller communal,
Michel Panchaud, journaliste,
Jean-Yves Schmidhauser, conseiller communal,
Daniel Schmutz, ancien conseiller d’Etat,
Jacques Vallotton, conseiller communal.
23 juin 2010
Le Conseil Communal accepte ce préavis défavorable à l'initiative. Celle-ci sera donc soumise au peuple.
5 mai 2010
La Municipalité dépose un préavis, négatif, devant le Conseil Communal.
26 janvier 2009
Une délégation du comité d'initiative rencontre la Municipalité pour connaître ses intentions quant à la soumission dans les meilleurs délais de l'initiative communale au Conseil Communal, conformément à l'article 106 de la loi vaudoise sur les droits politiques.
26 novembre 2008
Le comité d'initiative dépose auprès de la Municipalité les 2'300 signatures récoltées pendant la campagne.
30 août 2008
La campagne de récolte de signatures pour l'initiative populaire démarre.
10 juillet 2008
A la suite du vote, des conseillers communaux issus de plusieurs partis et des citoyens de la commune lancent la première initiative populaire communale à La Tour-de-Peilz. Création de l'Association Rives du lac
25 juin 2008
Le Conseil Communal de La Tour-de-Peilz refuse de justesse (37 voix contre 34) la création d’un tronçon piétonnier en prolongement du Bain des Dames, suivant l’avis de la Municipalité qui s’est toujours opposée à une telle réalisation.
2007
Prise en considération au Conseil Communal d'un postulat relatif à la création d'un tronçon de cheminement pédestre au bord du lac.
2004
Dépôt d'une pétition à La Tour-de-Peilz, 1300 signatures, demandant l'ouverture des rives aux promeneurs. Réponse négative reçue en 2008
2000
Adoption du plan directeur cantonal des rives du lac par le Grand Conseil vaudois
Adoption du plan directeur communal par le Conseil communal de La Tour-de-Peilz
1990 - 2000
larges consultations, diverses études , commissions et débats au Grand Conseil vaudois
1983
Le Conseiller d’État Marcel Blanc crée une commission pour l’aménagement des rives lémaniques
1979
Loi fédérale sur l’aménagement du territoire LAT
1976
Le député Boley demande une modification de la LML
1926
Loi sur le marchepied LML
1913
Pétition demandant au Grand Conseil vaudois de jouir d’un chemin riverain